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Rupture conventionnelle d'un CDI
Mise à jour le 22.03.2013 - Direction de l'information légale et administrative (Premier ministre)
Principe
La rupture conventionnelle d'un contrat à durée indéterminée (CDI) permet à l'employeur et au salarié de mettre fin, d'un commun accord, au contrat de travail (hors période d'essai), dans les conditions établies ensemble dans une convention homologuée.
Conditions
L'employeur peut engager une rupture conventionnelle avec tout salarié, y compris un salarié protégé (délégué du personnel, délégué syndical, membre élu du comité d'entreprise, etc.) et médecin du travail, à condition de respecter une procédure spécifique (autorisation de l'inspection du travail).
Cette procédure peut être engagée à l'initiative de l'employeur ou du salarié, mais dans tous les cas elle se fait d'un commun accord. Elle ne peut pas être imposée par l'une ou l'autre des parties.
La rupture conventionnelle ouvre droit au salarié, dans les conditions de droit commun, au bénéfice de l'allocation d'assurance chômage.
Attention : cette fiche décrit la procédure du point de vue de l'employeur. Voir aussi Rupture conventionnelle : droit des salariés
Exclusion
La rupture conventionnelle ne peut pas s'appliquer à une interruption du contrat due à la mise en œuvre d'un accord collectif de gestion prévisionnelle des emplois et des compétences (GPEC) ou d'un plan de sauvegarde de l'emploi (PSE).
Si elle peut être utilisée en cas de difficultés économiques, elle n'est pas applicable à un licenciement économique.
De même, une rupture conventionnelle ne peut être signée au cours d'une suspension du contrat de travail ouvrant droit à une protection particulière du salarié : congé de maternité, arrêt imputable à un accident du travail ou une maladie professionnelle...
Procédure
Entretiens préalables
Divers entretiens permettent à l'employeur et au salarié de se mettre d'accord sur les conditions de la rupture conventionnelle.
Un entretien au moins est obligatoire.
Lorsque le salarié se fait assister, l'employeur peut aussi se faire assister par :
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un membre de l'entreprise,
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un membre de son organisation syndicale d'employeurs,
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ou un autre employeur relevant de la même branche (s'il emploie moins de 50 salariés).
Si le salarié choisit de se faire assister, il en informe son employeur. De même, si l'employeur décide de se faire assister, il doit aussi en informer le salarié.
Signature de la convention
La convention entre l'employeur et le salarié doit fixer, notamment :
-
le montant de l'indemnité spécifique pour le salarié,
-
la date de rupture du CDI (le lendemain de l'homologation au plus tôt).
La convention doit obligatoirement être signée par le salarié et l'employeur, garantie du libre consentement des deux parties.
Droit de rétractation
Il existe un délai de 15 jours calendaires entre la signature de l'accord et sa transmission pour validation permettant aux parties de changer d'avis.
Pour se rétracter, l'employeur ou le salarié doit envoyer une lettre recommandée avec accusé de réception à l'autre partie, sans avoir à en préciser les raisons.
Le délai débute le lendemain de la signature de la convention (ou le lendemain de la signature manuscrite du formulaire). Si ce délai expire un samedi, un dimanche ou un jour férié, il est prolongé jusqu'au prochain jour ouvrable.
Homologation de la convention
Une demande d'homologation de l'accord doit être envoyée à la fin du délai de rétractation, à la direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi (Direccte) dont dépend l'entreprise :
-
soit directement en ligne au moyen du téléservice TéléRC,
-
soit au moyen du formulaire cerfa n°14598*01.
En l'absence de réponse dans les 15 jours ouvrables, la convention est considérée comme homologuée. Le contrat prend fin sans préavis.
En cas de litige sur la convention et son homologation, un recours juridictionnel est possible devant le conseil de prud'hommes dans les 12 mois à partir de l'homologation. Au-delà, le recours est irrecevable.
Autorisation pour un salarié protégé
S'il s'agit d'une rupture conventionnelle engagée avec un salarié protégé (délégué du personnel, délégué syndical, membre du comité d'entreprise, etc.), celle-ci doit être expressément autorisée par l'inspection du travail (et non soumise à homologation).
L'employeur doit envoyer une demande d'autorisation, au moyen du formulaire cerfa n°14599*01, accompagné de la convention à l'inspection du travail à la fin du délai de rétractation. L'inspecteur dispose de 2 mois au maximum pour y répondre.
S'il s'agit d'un médecin du travail, l'inspecteur du travail doit statuer après avis du médecin inspecteur du travail.
Indemnité spécifique
Calcul
L'indemnité spécifique de rupture conventionnelle, versée au salarié, doit être au moins égale à l'indemnité légale de licenciement. L'employeur doit tenir compte de la moyenne la plus favorable des 3 ou 12 derniers salaires bruts mensuels.
Le montant de l'indemnité ne doit pas être inférieur au montant de l'indemnité conventionnelle de licenciement, lorsque celle-ci est supérieure à l'indemnité légale de licenciement.
En cas d'absence sans rémunération du salarié, l'employeur est tenu de verser le salaire que l'employé aurait perçu s'il avait été présent.
L'indemnité doit être supérieure à 1/5e d'un mois de salaire multiplié par le nombre d'années d'ancienneté. Au-delà de 10 ans d'ancienneté, il faut y ajouter 2/15es d'un mois de salaire par année supplémentaire.
Si le salarié est employé depuis moins d'un an, l'employeur calcule l'indemnité au prorata du nombre de mois de présence. Par exemple, en cas d'ancienneté de 9 mois, le calcul est le suivant : salaire brut mensuel x 1/5e x 9/12e.
S'il reste des congés dus, l'employeur doit aussi verser une indemnité compensatrice de congés payés.
Exonérations fiscales et sociales
Cette indemnité bénéficie des mêmes exonérations des cotisations de sécurité sociale et d'impôt sur le revenu que l'indemnité de licenciement, sauf si le salarié peut bénéficier d'une pension de retraite d'un régime légalement obligatoire (dans ce cas, il n'y pas d'exonération).
L'indemnité est donc exonérée de cotisations sociales, pour la fraction inférieure à 2 fois le plafond annuel de la sécurité sociale en vigueur à la date du versement (soit 74 064 € en 2013), et ce à hauteur du plus élevé des 3 montants suivants :
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soit la totalité du montant de l'indemnité,
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soit 2 fois le montant de la rémunération brute annuelle perçue l'année précédente,
-
soit 50 % du montant de l'indemnité perçue.
L'indemnité est exonérée d'impôt sur le revenu sous conditions.
Lorsque l'indemnité versée dépasse 10 fois le plafond annuel de la sécurité sociale (soit 370 320 € en 2013), elle est soumise à cotisations et contributions sociales dans son intégralité.
Contrairement à l'indemnité légale de licenciement, l'indemnité de rupture conventionnelle est soumise :
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au forfait social de 20 % dû par l'employeur, jusqu'à 2 fois le plafond annuel de la sécurité sociale (soit 74 064 € en 2013), ce qui correspond à la part exclue de l'assiette des cotisations et de l'assiette de la CSG/CRDS (montant légal ou conventionnel) et la part exclue de l'assiette des cotisations et soumise à CSG/CRDS (au-dessus du montant légal ou conventionnel et jusqu'à 2 fois le PASS).
Voir aussi
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Indemnité de licenciement
Formation - Travail
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Rupture conventionnelle : conditions
Formation - Travail
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Demande en ligne d'homologation d'une rupture conventionnelle (TéléRC)
Téléservice -
Demande d'homologation d'une rupture conventionnelle de contrat de travail à durée indéterminée (CDI)
Formulaire - Cerfa n°14598*01 -
Demande d'autorisation d'une rupture conventionnelle d'un contrat de travail à durée indéterminée (CDI) d'un salarié protégé
Formulaire - Cerfa n°14599*01
-
Direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi (Direccte) Ministère en charge du travail
Références
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Code du travail
: Articles L1225-4, L1226-9, L1231-1, L1233-3, L1237-11 à L1237-16, L5421-1, L5422-1, R1231-1, R1237-3 et D1232-5
-
Code de la sécurité sociale : article L137-15
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Instruction DGT n°2009-25 du 8 décembre 2009 sur le régime indemnitaire d'une rupture conventionnelle d'un CDI
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Instruction DGT n°2010-02 du 23 mars 2010 sur l'incidence d'un contexte économique difficile sur la rupture conventionnelle d'un CDI
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Circulaire n°2009-076 du 18 septembre 2009 sur le régime social des indemnités versées en cas de rupture conventionnelle
Agence centrale des organismes de sécurité sociale (Acoss)
Compléments
Pour en savoir plus
- Foire aux questions sur la rupture conventionnelle d'un CDI Ministère en charge du travail
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